Nstyy

L’interview de NSTY, coach pour MCES

N’ayant interviewé jusqu’à présent que des hommes dans le monde de l’e-sport, je voulais montrer à tous que ce milieu, n’est justement pas exclusivement composé d’hommes. C’est pourquoi j’ai décidé de dessiner le portrait de quelques femmes connues et reconnues, du monde e-sportif en rapport avec Fortnite.

Voici l’interview de NSTY, ancienne joueuse émérite de CSGO et actuelle coach pour l’équipe MCES.

Interview de NSTY

Pourrais-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ? Qui tu es, ce que tu fais dans la vie, ton âge, tes passions, ce que tu aimes faire dans la vie !

– Je m’appelle Laura j’ai tout juste 30 ans. À la base je suis joueuse pro sur CSGO, un jeu sur lequel je joue depuis la 1.6 et auquel je participe aux compétitions depuis 2008 sur la scène féminine principalement en France et à l’international. Ça fait donc 10 ans que j’évolue sur cette scène et depuis le début d’année on a décide de faire une pause en team sur CSGO, je me suis plus intéressée à un autre jeu: Fortnite. Concernant ce que je fais dans la vie à la base je suis diplômée pour être Ingénieure écologue j’ai travaillé quelques mois cette année en bureau d’études puis j’ai saisi l’opportunité d’être coach Fortnite dans un projet qui m’a séduit et me permet de vivre de ma passion (même si j’aimais beaucoup l’écologie).

– Tu pratiques ta profession depuis combien de temps ?

– Du coup actuellement je suis coach à plein temps depuis début aout sur Fortnite chez MCES.J’entends déjà pas mal d’échos sur pourquoi j’en suis venue à faire ça, pourquoi je ne coach pas sur CSGO ou autre. Pour moi CSGO reste mon jeu de cœur, mais ma team, mes mates se sont petit à petit désintéressés du jeu en compétition dû à moins de disponibilité, moins d’investissement. Je n’ai pas eu la foi, la motivation de redémarrer un projet de zero, je coach sur CSGO sur la plateforme egg-one school à titre individuel, mais je n’ai pas eu l’envie de m’investir à 100% en coach d’équipe.Cette proposition de coach sur Fortnite m’a surprise au début mais au final le jeu n’a qu’une année et les joueurs sont très jeunes, il n’y a pas encore de background nécessaires pour que des identités de joueurs « complets » soient au-dessus du lot et aient surtout assez d’expérience pour avoir le profil de coach. Je trouve du coup cela plus intéressant pour moi d’apporter tout ce que j’ai pu accumulé comme expérience depuis 10 ans sur un FPS, sur le plan compétitif, le mental, les erreurs et pièges à éviter dans ce monde du gaming, en tant que joueurs et les différents principes de jeux à des jeunes dont la moyenne d’âge est souvent en dessous de 20 ans.

– Ça consiste en quoi le métier du coaching ?

– Globalement, c’est apporter l’expérience que les joueurs n’ont pas encore accumulé, leur diffuser les pistes d’amélioration, cibler les erreurs lors des entrainements et construire des entrainements productifs. Dans un jeu d’équipe cela sert aussi beaucoup pour apporter toutes les notions de « teamplay », la communication à développer et souder l’équipe dans une symbiose qui permet de développer un jeu le plus fluide et performant possible. Le coach apporte aussi tout ce qui est analyse des jeux adverses, ça permet d’avoir un panel d’adaptation selon les parties à faire et les décisions à prendre.

– Quelle est ta vision du coaching ?

– Ma vision du coaching est tout simplement un joueur bonus, c’est-à-dire qu’il ne va pas spécialement jouer dans la partie mais pourra apporter toute la vision extérieure, la vision avec le recul. Souvent en tant que joueur concentré dans ses games, la tête dans le guidon ne lui permet pas d’avoir assez de lucidité pour savoir ce qui pourrait être mieux avisé à faire dans telle ou telle situation stressante ou intense. Le coach apporte aussi une confiance en plus, les joueurs ont une personne en plus sur lesquels ils peuvent s’appuyer et échanger en cas de doute, ça leur permet souvent de se dépasser. Ça c’est pour l’apport en tournoi, mais sur internet et en phase de préparation le coach est là pour permettre une progression plus efficace, une équipe sans coach mais avec du talent arrivera à faire du résultat mais rarement des résultats sur la durée, l’équilibre mettra beaucoup plus de temps à se mettre en place.

– C’est quoi que tu considères essentiel pour pratiquer le métier de coach ?

– Il faut de la pédagogie avant tout, être diplomate, savoir à qui on s’adresse, comprendre les personnalités des joueurs pour savoir de quelle manière ils seront le plus à même d’écouter et d’assimiler. Et dans un second temps il faut avoir une logique, un « gamesense » et de l’expérience sur le jeu ou un jeu similaire sur lesquels les principes de jeux sont applicables.

– Comment tu as découvert le gaming ?

– J’ai toujours joué aux jeux vidéo dès l’époque des consoles avec mon frère étant enfant. Puis plus tard sur PC mon père nous amenait en salle cyber et jouait avec nous en réseaux, c’est là qu’on a découvert Half Life, Quake et surtout CS 1.6. Je devais avoir aux alentours de 15 ans quand j’ai été accroc et que j’y jouais chez moi à fond.

– C’est quoi ton palmarès déjà en tant que joueuse professionnelle puis en tant que coach ?

Interview de Nstyy– Sur CSGO j’ai fait de nombreux top 2 et 3 lors de LAN internationales au Danemark, en Pologne ou au Canada mais le plus gros reste le titre de championne du monde à Paris lors de l’ESWC 2014 à la Paris Games Week devant le public français. En tant que coach pour l’instant notre équipe s’est rodée seulement sur deux évènements: l’ESWC Metz et la VGA Valenciennes, sur lesquels ils ont été en petite finale.

 

 

 

– C’est quoi exactement qui te plaît dans Fortnite ? Comparé à un autre jeu ?

– Honnêtement depuis CS je n’avais jamais vraiment trouvé de jeux sur lequel j’avais envie de « tryhard » c’est-à-dire m’entrainer chaque jour pour sentir une progression, dans les mécaniques de construction, le skill, la compréhension de jeu. Pourtant je test souvent d’autre styles de jeux (que ce soit LoL, Overwatch, H1Z1, etc) mais je ne ressentais jamais cette esprit compétitif en tout cas personnellement. J’ai senti la passion et l’envie de perf, l’adrénaline et l’envie d’être meilleure et c’est ce qui m’a poussé dans un premier temps. Je me rappelle en début d’année je pouvais attendre des heures avant la mise en ligne d’un nouveau patch, d’une mise à jour, sans avoir dormi avec ma mate Cla on était folle.

– Ta famille, tes amis, enfin ceux qui se sont pas forcément du milieu, ils savent ce que tu fais ? Ils en pensent quoi ?

– Ils savent que je suis une joueuse e-sportive depuis 10 ans, aux repas de famille c’était devenu courant de me demander comment s’était passée telle ou telle compétition etc, au fil du temps ils ont assimilé que c’était ma passion et depuis quelques années je ressens un réel support bienveillant de leur part. Ils sont du coup au courant que je suis maintenant coach sur Fortnite et sont contents pour moi.

– Tu penses que la mode du Battle Royale va finir par s’essouffler ou pas ? Tu penses que le jeu vidéo va tendre vers quoi d’ici quelques années ?

– Je pense que le mode Battle Royale ne va pas s’essouffler d’ici peu, c’est un tout nouveau modèle qui vient d’être exploité et qui rassemble un très grand nombre de fans. Après est-ce qu’il s’essoufflera en tant que jeu e-sport ça ce sont les prochains défis du jeu personne ne peut le dire, cela dépendra beaucoup des pistes que vont emprunter Epic Games l’année prochaine. Concernant l’avenir du jeu vidéo je pense qu’il vient tout juste de montrer le potentiel que ce soit marketing, sportif ou sur le plan communautaire, avec toujours de plus en plus d’ampleur et aux yeux du grand public le gaming n’est plus juste quelque chose de péjoratif, c’est une manière de se rassembler, de supporter et de vibrer avec ce développement exponentielle de l’esport.

– Dernière petite question : quel serait le conseil n°1 que tu donnerais à un jeune qui souhaiterait faire la même chose que toi ?

– Je pense qu’on ne choisit pas directement d’être coach, on a d’abord la passion d’être un joueur pro pour avoir assez d’expérience pour un jour coach. Pour tous ceux qui ont cette fibre et cette ambition je dirais qu’il faut que ça reste votre passion, votre rêve de devenir comme votre joueur préféré arrivera un jour si vous persévérez et que vous sentez que vous avez le talent pour y arriver. Mais que faire un pari et all-in vos études, votre formation, reste très risquée car malheureusement une infime partie des joueurs arrive à ce stade et que cela reste éphémère.



Rejoignez NSTYY sur les réseaux:

 @NstyCSGO

 

/NSTYY_TV

 

OfficialNSTYCSGO

 

 Nasty

 

A la rencontre de… Ronan ‘CarbonRH’ Houssein

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.